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Les escarres, également connues sous le nom de plaies de pression ou ulcères de décubitus, sont des lésions de la peau et des tissus sous-jacents résultant d'une pression prolongée sur la peau. Elles affectent souvent les personnes qui sont confinées dans un lit ou un fauteuil roulant, comprenant les personnes âgées et les personnes handicapées. Selon l'OMS, les escarres touchent plus d’un adulte sur 10 hospitalisés.
Prévenir les escarres est crucial pour améliorer la qualité de vie et éviter les complications graves. Si après une hospitalisation ou pour des raisons de perte de mobilité vous devez utiliser un fauteuil roulant, il est important de prendre soin de votre corps pour éviter les complications comme les escarres.
Qu'est ce qu'une escarre ?
Les escarres correspondent à une ulcération profonde persistante due à la nécrose de la peau et des tissus mous. Cette nécrose apparaît lorsque l’on reste alité durant une longue période. Les tissus mous du corps se trouvant comprimés entre la saillie osseuse et un support dur comme le lit, l’irrigation sanguine est inefficace, ce qui entraine la destruction du tissu.
Les escarres apparaissent principalement sur les talons, les fesses, les hanches, les coudes ou la nuque.
Dans un premier temps, la peau rougit et est douloureuse puis devient noire. La zone concernée est alors totalement insensible. En l’absence de prise en charge, les muscles, les tendons, puis les os sont mis à nus.
A un stade précoce, la prise en charge permet une guérison, ce qui n’est pas le cas si l’escarre est à un stade trop avancé.
Il existe 5 stades évolutifs de l'escarre :
- Stade 0 : Phase de prévention, une rougeur réversible apparaît sur le point d'appui.
- Stade 1 : Apparition d'un rougeur persistante sur le point d'appui.
- Stade 2 : Dermabrasion, cloques apparaissent au niveau de la zone d'appui.
- Stade 3 : Nécrose tissulaire, la plaie creuse les tissus sous-cutanés se nécrosent.
- Stade 4 : La plaie est très profonde et peut attaindre les muscles et creuser jusqu'à l'os.
Quelles sont les zones à risques pour les escarres ?


Lorsqu'une personne est alitée sur le dos, les zones les plus susceptibles de développer des escarres comprennent l'arrière de la tête (occiput), les lobes des oreilles, la zone du haut du dos, les coudes, ainsi que le sacrum, le coccyx et les talons.
En position assise, notamment pour les personnes utilisant un fauteuil roulant, les zones à haut risque incluent les omoplates, le sacrum et le coccyx, l'arrière des genoux, ainsi que les pieds.
Qui sont les personnes qui risque une apparation d'escarres ?
Les facteurs de risque pour le développement des escarres est important pour mieux comprendre et protéger les individus les plus vulnérables.
Les personnes à mobilité limitée
Les individus qui ont une mobilité réduite et qui restent immobilisés dans une même position pendant de longues périodes sont susceptibles de développer des escarres. Cette immobilité peut être due à diverses raisons telles que des conditions neurologiques (comme après un AVC), des incapacités physiques, ou des périodes prolongées de convalescence après une opération chirurgicale.
L'incapacité à se déplacer régulièrement augmente la pression sur certaines zones du corps, particulièrement les points d’appui tels que les talons, les fesses et les coudes, réduisant la circulation sanguine et, par conséquent, la santé de la peau dans ces zones.
Les personne en incapacité de changer de position
Les personnes qui ne peuvent pas changer de position sans aide, que ce soit en raison de faiblesses physiques ou de conditions médicales graves, sont également à haut risque. L'absence de mouvement régulier augmente la pression locale sur la peau et les tissus sous-jacents, ce qui peut rapidement mener à la formation d'escarres si des mesures préventives ne sont pas mises en place, telles que l'utilisation de dispositifs aidant à repositionner le patient régulièrement.
Les personnes ayant des problèmes de circulation sanguine
Les individus souffrant de maladies, comme le diabète ou divers troubles vasculaires, sont particulièrement prédisposés aux escarres. Ces conditions médicales peuvent réduire le flux sanguin vers les extrémités et diminuer l'oxygénation des tissus, ce qui rend la peau plus vulnérable aux dommages causés par la pression prolongée.
Le manque de circulation appropriée peut également compliquer la cicatrisation des plaies existantes.
Comment limiter l’apparition d’escarres ?
Quelques gestes simples peuvent vous aider à limiter l’apparition d’escarres.
Utiliser un coussin anti-escarres adapté
Le coussin anti-escarres est une solution indispensable pour les personnes assises de longues heures. Il existe différents modèles chacun ayant ses avantages selon le niveau de risque. Les coussins en mousse viscoélastique offrent un excellent confort et répartissent la pression, tandis que les coussins à air multicellulaires s’adaptent parfaitement à la morphologie et réduisent les zones de pression. Pour choisir le bon coussin anti-escarres, il est essentiel de tenir compte du poids, de la posture et de l’autonomie de la personne. Un modèle bien choisi constitue une prévention efficace et améliore nettement le confort quotidien.
Ajuster la nutrition et l’hydratation
Une bonne alimentation joue un rôle souvent sous-estimé dans la prévention des escarres. Les protéines, vitamines (A, C, E) et minéraux contribuent à la bonne cicatrisation et au renouvellement des tissus. Une personne dénutrie ou déshydratée présente un risque bien plus élevé de développer une escarre. Il est donc essentiel de veiller à une hydratation régulière, adaptée à l’âge et à l’état de santé, et à des repas équilibrés. Les professionnels peuvent également intégrer des compléments nutritionnels oraux pour soutenir la réparation tissulaire si nécessaire.
Opter pour un matelas anti-escarres pour les personnes alitées
Pour les personnes en position allongée plusieurs heures par jour, un matelas anti-escarres joue un rôle central. Les matelas à air alterné sont particulièrement efficaces, car ils modifient régulièrement les points de pression grâce à un système de gonflage-dé gonflage cyclique. Cela permet d’oxygéner les tissus et d’éviter les compressions prolongées. Les matelas en mousse haute résilience, quant à eux, assurent un soutien optimal tout en limitant les frottements. L’objectif est de maintenir la peau dans un environnement sain, stable et bien ventilé, afin d’éviter toute aggravation liée à une immobilité prolongée.
Surveiller quotidiennement l’état de la peau
Un contrôle régulier de la peau est indispensable pour repérer rapidement les premiers signes d’escarres : rougeurs persistantes, zones durcies, chaleur locale ou douleur au toucher. Plus une lésion est détectée tôt, meilleures sont les chances d’éviter une aggravation. Les aidants et professionnels doivent systématiquement vérifier les zones les plus exposées : talons, fesses, sacrum, coudes et omoplates. L’observation quotidienne, associée à un soin adapté, permet d’intervenir avant que la lésion ne devienne douloureuse ou profonde.
Utilisez des produits de soins de la peau
Une peau sèche ou fragilisée est plus susceptible de développer une escarre. L’utilisation quotidienne de crèmes hydratantes ou d’huiles spécifiques contribue à renforcer la barrière cutanée. Les produits enrichis en agents nourrissants, tels que l’aloe vera, l’huile d’amande douce ou le beurre de karité, améliorent l’élasticité de la peau et réduisent les risques d’irritation. Il est toutefois important d’éviter les massages directement sur une rougeur suspecte (stade 1 de l’escarre), car cela pourrait aggraver la lésion. Une hydratation régulière, associée à un nettoyage doux, aide à maintenir la peau en bon état et participe activement à la prévention.
Veiller à une hygiène corporelle quotidienne
Une hygiène rigoureuse contribue à limiter la macération, l’humidité et les irritations, qui sont autant de facteurs favorisant les escarres. Il est recommandé d’utiliser des produits nettoyants doux, non agressifs, sans parfum et au pH neutre pour respecter l’équilibre cutané. Après la toilette, il faut bien sécher les zones sensibles, notamment les plis de la peau, afin d’éviter toute humidité résiduelle. Des soins adaptés comme les lotions protectrices ou les films barrières peuvent également être appliqués par les professionnels pour protéger la peau des frottements ou des irritations liées à l’incontinence.
Encourager la mobilisation et la stimulation musculaire
Même une mobilisation passive peut réduire considérablement le risque d’escarres. Les exercices doux, réalisés en fauteuil ou au lit, stimulent la circulation sanguine et maintiennent la tonicité musculaire. La mobilisation active, quand elle est possible, est encore plus bénéfique : lever régulièrement les bras, pivoter légèrement le bassin, étirer les jambes permettent de varier les points d’appui. L’objectif est d’éviter l’immobilité prolongée, qui demeure le facteur principal de développement des escarres.
Comment soigner des escarres apparues ?
Lorsqu’une escarre se forme malgré les mesures de prévention, plusieurs étapes sont essentielles pour favoriser la guérison :
- Soulager immédiatement la pression sur la zone touchée en repositionnant la personne et en utilisant des coussins ou matelas adaptés.
- Nettoyer la plaie en douceur avec des solutions non irritantes pour limiter les risques d’infection.
- Appliquer un pansement approprié selon le stade de l’escarre : hydrocolloïde, hydrocellulaire, alginate ou mousse pour maintenir un milieu humide et favoriser la cicatrisation.
- Faire appel à un professionnel de santé pour les plaies plus avancées : débridement, gestion de la douleur, surveillance des signes d’infection.
- Mettre en place un suivi pluridisciplinaire impliquant infirmier, médecin, kinésithérapeute et parfois diététicien afin d’optimiser la cicatrisation et accompagner le patient dans son rétablissement.
En combinant ces actions de manière rigoureuse et coordonnée, il devient possible d’accélérer la cicatrisation et de réduire efficacement les complications liées aux escarres.
Agir tôt pour protéger la peau et préserver la qualité de vie
La prévention et le traitement des escarres des personnes en fauteuil roulant reposent sur une vigilance quotidienne, un matériel adapté et une prise en charge professionnelle dès les premiers signes. En adoptant les bons gestes, en utilisant des dispositifs anti-escarres et en assurant un suivi régulier, il est possible de réduire significativement les risques et d’améliorer le confort des personnes les plus fragiles. Chaque action compte pour préserver l’intégrité de la peau et garantir une meilleure qualité de vie au quotidien.



























